Classification relation Eglise/Etat
1. religion civile :
l'Etat reconnaît une religion particulière garante de lien social et de morale partagée (ex USA)
2. pluralisme
l'Etat reconnaît les principales familles de pensée religieuses ou non qui existent socialement
3. laïcité pure
l'Etat ne veut reconnaître publiquement aucune famille de pensée mais leur assure la liberté
d'exercice dans l'espace privé, (ex France)
Bienvenue sur ce blog
Ce blog contient un recueil de textes (1) qui nous ont paru intéressants dans le cadre des réflexions sur la question "Europe et laïcité".
Ce recueil de textes sera enrichi au cours de nos travaux.
N'hésitez pas à insérer des commentaires à la suite de chaque message.
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(1) Messages dans le langage du blog
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lundi 31 décembre 2007
samedi 15 décembre 2007
Laïcité et culture?
« L'engagement du Franc-Maçon peut-il être culturel ? »
(extraits/contribution au sujet : laïcité et culture ?)
« L'engagement ».
Montaigne disait à peu près ceci : s'il est dans la nature de la pensée qu'elle s'engage, cet engagement même ne vaut que dans la mesure où elle reste à tout moment capable de se désengager. Tiendrait-on dans cette formule l'un des credos de la pensée laïque ? peut-être.
Histoire du concept de culture
Ce sont les Lumières qui vont donner au mot culture hérité du latin ses lettres de noblesse, au moment où la philosophie de l'histoire se substitue à la théologie de l'histoire. Et ce terme va passer progressivement
du sens de : formation, éducation de l'esprit
au sens de : caractère distinctif de l'espèce humaine ou somme des savoirs accumulés et transmis par l'humanité, considérée comme totalité, au cours de son histoire.
Les sociologues, ethnologues et anthropologues tenteront au cours des deux ou trois siècles qui suivent de répondre à cette question : quels sont les rapports entre culture collective et personnalité individuelle ?
Au fil du temps, le substantif « culture » invariable à l'origine va s'imposer dans une forme plurielle. A côté de notre culture occidentale se sont développées d'autres cultures dont il est instructif pour la nôtre d'en étudier les caractères, ce que tous ces hommes illustres ont fait. Et même notre culture occidentale présente des variantes, par exemple quand on passe de la France à l'Allemagne. Mais ça, les Français n'ont pas eu besoin de grandes études pour s'en apercevoir très vite.
Des avancées importantes seront réalisées grâce aux travaux de gens comme Louis Dumont, travaux qui s'attachent à étudier aussi bien les différences que les points communs entre cultures. Dumont est un analyste déterminant de notre modernité et de l'individualisme contemporain déjà pointé par Tocqueville chez les Américains, au I9ème siècle.
Mais une véritable révolution du concept de culture se fera à partir des années 60 à travers
celui d'acculturation*.
L'acculturation est un terme qui désigne deux processus
le choc et l'interpénétration des cultures entre elles et aussi
le conflit dans chaque culture de ses évolutions avec ses traditions. A l'évidence, ce qui a provoqué ce type de réflexion c'est la décolonisation, ensuite relayée par l'immigration contemporaine et la cohorte de problèmes induits. L'acculturation n'est pas une assimilation qui verrait disparaître une culture, c'est un transfert progressif d'éléments symboliques ou non de la culture d'accueil vers l'autre. Les transferts dans l'autre sens sont bien sûr aussi observables.
En France le grand théoricien de l'acculturation est Roger Bastide. Ses travaux le conduisent à une vision optimiste de la marginalité culturelle en opposition à la conception pessimiste dominante inspirée par Lévy-Strauss qui, lui, parle plus volontiers de déculturation. Disons, pour simplifier, que Lévy-Strauss s'adresse aux mythes quand Bastide appelle la mémoire collective.
Bastide prend comme exemple les afro-américains qui ont créé des cultures originales et dynamiques.
C'est sous son impulsion qu'on conçoit enfin toute culture comme un composé (au sens de composé chimique); aucune culture n'existant à l'état pur.
Et nous en arrivons enfin au problème culturel majeur de nos sociétés : la promotion du
concept de culture-identité.
Les minorités clament que leurs cultures ont été spoliées par l'acculturation et font la
promotion d'une identité culturelle intouchable.
Ce fantasme de pureté est le plus souvent renforcé par des considérations ethniques et/ou
religieuses.
Longtemps resté tabou en France, c'est néanmoins un problème sérieux car ses conséquences
peuvent être
- grotesques : en réaction, depuis peu, en France, on observe le même mouvement ostentatoire de la culture majoritaire
- dramatiques : on a vu récemment dans l'ex Yougoslavie les dégâts que peuvent causer ces idées d'identité ethnique.
Et bien sûr, des spécialistes de tous horizons ne cessent de se pencher sur les revendications (de ces communautés minoritaires) qui mettent à mal nos sociétés occidentales. Quelle considération, quelle place, quel pouvoir leur accorder dans nos sociétés ?
Et enfin, pour terminer ce tour d'horizon historique, ultime assaut et de grande amplitude qui a mûri sur un demi-siècle au moins : la culture elle-même se voit mise en cause, n'ayant pas permis la sauvegarde de la nature, (cette planche ne s'attachera pas à ce dernier aspect.)
Le paysage culturel de l'Occident
Je n'ai fait que parler du regard que d'éminents esprits ont porté sur la culture, sur les
cultures. C'est certain, ils reflètent un peu le regard de leurs contemporains, ils synthétisent en
quelque sorte la culture de leur époque.
Mais, réellement, comment lire le mouvement général de notre culture, d'ici, depuis ce lieu-ci
et à cet instant ?
Nous avons l'avantage sur ces esprits éminents d'être à même, de notre point de vue, de
contempler le passé d'un paysage qui nous échoit, la culture occidentale, ce qu'on appelle
commodément la modernité.
Alors, quel est ce paysage culturel ?
Il apparaît comme un effort constant, obstiné, mais souvent déchaîné, de l'homme occidental à se défaire des figures imposées par les traditions, à rejeter les rôles attribués par les pouvoirs, pour tendre vers un but personnel, la production de soi.
L'homme occidental n'a plus ni rôle, ni forme, ni figure. Le sujet occidental est donné comme un rapport infini à soi. Il veut penser par lui-même, il veut faire l'expérience de lui-même. Est-on là en présence de l'homme laïque ? peut-être.
C'est cela la modernité. Soyons provocant : l'homme moderne ne croît plus au progrès, ni au sens de l'Histoire. Il ne croît plus à l'unité ni à l'universalité de la raison. D'ailleurs, il ne croît plus, ou au moins, il s'efforce de ne plus croire même si on l'aiguillonne pour l'y forcer. Mais la modernité, ce mouvement d'émancipation culturelle sans précédent, il ne faudrait pas considérer ce mouvement comme dépassé. Il est simplement inachevé. Il le restera d'ailleurs. C'est une tension.
En somme l'homme occidental peut enfin observer la voie où l'a placé l'individu « préhumain » dans son rêve primordial : réussir à s'extraire de la horde pour voler de ses propres ailes, si je puis dire.
C'est un rêve absolu de liberté. Il est évident qu'il ne réunit pas tous les hommes : il y a ceux
qui restent attachés à l'ancienne coutume.
Et ce rêve peut rapprocher les autres mais à la condition que cette voie soit reconnue et cette
quête de liberté assumée par chacun. Et, au seuil du 3ème millénaire, beaucoup, on le voit
autour de nous, beaucoup hésitent à franchir le pas.
Les maux dont nous souffrons témoignent de cette difficulté à gérer cet état, cette subjectivité,
comme disent les philosophes.
Et la réaction que nous voyons se déployer sous nos yeux aujourd'hui en France est peut-être
un projet, très cohérent dans son idéologie, de remise en cause... de notre société.
la Franc-Maçonnerie dans tout cela ?
Conversation entre maçons On pourra me dire :
- Qu'avons-nous à faire de la culture ? notre seul souci, c'est la République, ses valeurs. Je réponds :
- Oui, je sais, l'engagement du Franc-Maçon est d'abord politique. Le culturel... .(geste)
- Non, je veux bien revenir à la culture-identité, ce problème très actuel, mais d'une façon ou d'une autre, on tourne autour de l'identité religieuse, et là n'est-on pas, justement, dans la réflexion maçonnique ? reconnais-le, mon Frère, on tombe pile sur la laïcité et la loi de 1905 que nous avons toujours défendue becs et ongles, loi renforcée en 2004 ; alors, ça ne suffit pas?
- Bien sûr, mais là, on a quelque chose qui dépasse la loi de séparation, cette revendication identitaire, qui va bien au-delà du religieux.
- Excuse-moi, mon Frère, mais la République ne peut être séparée de la notion de citoyenneté. L'immigré, parce qu'il s'agit de lui, doit accepter, vivant en France, d'être citoyen de la République...
- Mais tu ne fais qu'agiter là une notion politique, cette citoyenneté, cette idée d'espace commun, c'est d'abord politique
- Le « vivre ensemble », n'est-ce pas un problème politique ?
- Pas seulement... mais d'abord, conviens donc que cette histoire de citoyenneté c'est une abstraction difficile, hors de portée... des jeunes par exemple
- Et bien, ils l'apprendront au collège
- Tu crois qu'au collège on leur enseigne ?
- Alors, à quoi sert l'instruction publique, d'après toi ?
- Bon, je me suis mal fait comprendre, mon idée c'est que nous ne pouvons pas tout ramener au politique
- Mais c'est ainsi que s'est forgée notre communauté républicaine, sur le politique, nous n'y pouvons rien
- Je vois, ça nous évite de traiter le problème culturel !
- Mais non, il ne s'agit pas de ça : nous utilisons l'outil que l'histoire nous a laissé en héritage : nous avons un modèle exceptionnel pour répondre au problème de l'intégration, le modèle républicain...
- Ah oui, l'exception française... mais ce « modèle » est discutable, d'ailleurs il est loin de fonctionner... beaucoup ne veulent pas en entendre parler, et ceux qui en parlent s'abîment dans des débats interminables, chacun restant généralement sur ses positions... voilà, le modèle n'est plus accepté... naturellement
- On refuse de comprendre tout simplement : ce modèle, héritier de notre histoire, est légitime. Si on ne veut pas l'accepter, alors, imposons-le !
- C'est ça, en créant un ministère de l'identité française, par exemple ? !
A-t-on intérêt à se cantonner à notre bonne et vieille conception de la République Française ?
Au-dessous de ces valeurs essentielles, n'y a-t-il pas la place pour des valeurs secondaires,
celles de la culture ?
Peut-on exiger d'un immigré qu'il adhère sans faille à la notion de citoyenneté quand un
Français sur trois ne se donne pas la peine d'aller aux urnes ?
Peut-on seulement s'arrimer à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat pour défendre la
laïcité, alors que la revendication identitaire va bien au-delà de l'identité induite par la
religion ? N'opposer à ces revendications que la loi de 1905, n'est-ce pas le piège qui nous est
tendu : placer au niveau de la symbolique de la République, de ses valeurs, celle des
religions ?
Je me demande si la position de la Franc-Maçonnerie (position, car tout semble figé dans la politique menée pendant ce dernier quart de siècle par le GO), position défensive, est la bonne. Je me demande si nous ne devrions pas au contraire passer à l'offensive.
Donc engagement offensif plutôt qu'attitude défensive, mais de quelle façon ?
Sans revenir sur les ratés du passé, je me demande si nous ne devrions pas dépasser le concept
d'Espace Public, celui où les citoyens confrontent leurs opinions politiques, pour élargir notre
réflexion à la culture laïque, dépassant les cadres politique et religieux où il me semble que
nous nous enfermons.
Ce blocage peut d'ailleurs s'expliquer : la République a émergé du conflit Eglise/Etat et,
depuis, en tant qu'association de libres penseurs, nous nous posons ajuste titre comme les
gardiens de la République ainsi créée et de ses valeurs.
Car la laïcité va en effet bien plus loin : c'est une façon de vivre, de penser, de nouer des
relations avec autrui.
Vivre laïque, c'est vivre une certaine culture, qui, précisons le, dépasse largement les contours
d'une culture que certains nomment française.
Et, n'en déplaise à ceux qui raillent notre prétention universaliste, la culture laïque, c'est une
culture identifiée, expérimentée, authentifiée en France, mais qui se déploie probablement
vers une acception universelle.
Et en cela, la culture laïque ne peut rejoindre l'identité française qui, elle, exhale des relents
nationalistes.
La culture laïque, c'est une culture qui ne s'oppose à aucune autre culture si tant est que cette
dernière respecte les droits de l'Homme.
La culture laïque demande non à être clamée mais à être approfondie dans la réflexion, vécue
dans la discrétion. La culture laïque est paradoxalement une culture de la retenue, de
l'effacement. C'est peut-être ce qui la rend si vulnérable aujourd'hui.
A l'heure actuelle, ne devrait-on pas réactiver une dimension opérative de la Franc-Maçonnerie dans une direction où convergerait le chemin laïque de notre engagement et les routes que prennent les immigrés ?
La base républicaine de notre société ne suffit pas à réunir ces cultures ; le communautarisme est une facilité qu'il nous faut surveiller et rejeter sans désemparer. Au fond de chaque culture est sans doute inscrite son universalité. Nous seuls avons eu l'audace d'exprimer ce que la nôtre portait d'universel. Il ne faut pas en avoir honte. Nous devons croire et contribuer au métissage des cultures en les rapprochant. La Franc-Maçonnerie pourrait-elle être le catalyseur de ce métissage ?
(extraits/contribution au sujet : laïcité et culture ?)
« L'engagement ».
Montaigne disait à peu près ceci : s'il est dans la nature de la pensée qu'elle s'engage, cet engagement même ne vaut que dans la mesure où elle reste à tout moment capable de se désengager. Tiendrait-on dans cette formule l'un des credos de la pensée laïque ? peut-être.
Histoire du concept de culture
Ce sont les Lumières qui vont donner au mot culture hérité du latin ses lettres de noblesse, au moment où la philosophie de l'histoire se substitue à la théologie de l'histoire. Et ce terme va passer progressivement
du sens de : formation, éducation de l'esprit
au sens de : caractère distinctif de l'espèce humaine ou somme des savoirs accumulés et transmis par l'humanité, considérée comme totalité, au cours de son histoire.
Les sociologues, ethnologues et anthropologues tenteront au cours des deux ou trois siècles qui suivent de répondre à cette question : quels sont les rapports entre culture collective et personnalité individuelle ?
Au fil du temps, le substantif « culture » invariable à l'origine va s'imposer dans une forme plurielle. A côté de notre culture occidentale se sont développées d'autres cultures dont il est instructif pour la nôtre d'en étudier les caractères, ce que tous ces hommes illustres ont fait. Et même notre culture occidentale présente des variantes, par exemple quand on passe de la France à l'Allemagne. Mais ça, les Français n'ont pas eu besoin de grandes études pour s'en apercevoir très vite.
Des avancées importantes seront réalisées grâce aux travaux de gens comme Louis Dumont, travaux qui s'attachent à étudier aussi bien les différences que les points communs entre cultures. Dumont est un analyste déterminant de notre modernité et de l'individualisme contemporain déjà pointé par Tocqueville chez les Américains, au I9ème siècle.
Mais une véritable révolution du concept de culture se fera à partir des années 60 à travers
celui d'acculturation*.
L'acculturation est un terme qui désigne deux processus
le choc et l'interpénétration des cultures entre elles et aussi
le conflit dans chaque culture de ses évolutions avec ses traditions. A l'évidence, ce qui a provoqué ce type de réflexion c'est la décolonisation, ensuite relayée par l'immigration contemporaine et la cohorte de problèmes induits. L'acculturation n'est pas une assimilation qui verrait disparaître une culture, c'est un transfert progressif d'éléments symboliques ou non de la culture d'accueil vers l'autre. Les transferts dans l'autre sens sont bien sûr aussi observables.
En France le grand théoricien de l'acculturation est Roger Bastide. Ses travaux le conduisent à une vision optimiste de la marginalité culturelle en opposition à la conception pessimiste dominante inspirée par Lévy-Strauss qui, lui, parle plus volontiers de déculturation. Disons, pour simplifier, que Lévy-Strauss s'adresse aux mythes quand Bastide appelle la mémoire collective.
Bastide prend comme exemple les afro-américains qui ont créé des cultures originales et dynamiques.
C'est sous son impulsion qu'on conçoit enfin toute culture comme un composé (au sens de composé chimique); aucune culture n'existant à l'état pur.
Et nous en arrivons enfin au problème culturel majeur de nos sociétés : la promotion du
concept de culture-identité.
Les minorités clament que leurs cultures ont été spoliées par l'acculturation et font la
promotion d'une identité culturelle intouchable.
Ce fantasme de pureté est le plus souvent renforcé par des considérations ethniques et/ou
religieuses.
Longtemps resté tabou en France, c'est néanmoins un problème sérieux car ses conséquences
peuvent être
- grotesques : en réaction, depuis peu, en France, on observe le même mouvement ostentatoire de la culture majoritaire
- dramatiques : on a vu récemment dans l'ex Yougoslavie les dégâts que peuvent causer ces idées d'identité ethnique.
Et bien sûr, des spécialistes de tous horizons ne cessent de se pencher sur les revendications (de ces communautés minoritaires) qui mettent à mal nos sociétés occidentales. Quelle considération, quelle place, quel pouvoir leur accorder dans nos sociétés ?
Et enfin, pour terminer ce tour d'horizon historique, ultime assaut et de grande amplitude qui a mûri sur un demi-siècle au moins : la culture elle-même se voit mise en cause, n'ayant pas permis la sauvegarde de la nature, (cette planche ne s'attachera pas à ce dernier aspect.)
Le paysage culturel de l'Occident
Je n'ai fait que parler du regard que d'éminents esprits ont porté sur la culture, sur les
cultures. C'est certain, ils reflètent un peu le regard de leurs contemporains, ils synthétisent en
quelque sorte la culture de leur époque.
Mais, réellement, comment lire le mouvement général de notre culture, d'ici, depuis ce lieu-ci
et à cet instant ?
Nous avons l'avantage sur ces esprits éminents d'être à même, de notre point de vue, de
contempler le passé d'un paysage qui nous échoit, la culture occidentale, ce qu'on appelle
commodément la modernité.
Alors, quel est ce paysage culturel ?
Il apparaît comme un effort constant, obstiné, mais souvent déchaîné, de l'homme occidental à se défaire des figures imposées par les traditions, à rejeter les rôles attribués par les pouvoirs, pour tendre vers un but personnel, la production de soi.
L'homme occidental n'a plus ni rôle, ni forme, ni figure. Le sujet occidental est donné comme un rapport infini à soi. Il veut penser par lui-même, il veut faire l'expérience de lui-même. Est-on là en présence de l'homme laïque ? peut-être.
C'est cela la modernité. Soyons provocant : l'homme moderne ne croît plus au progrès, ni au sens de l'Histoire. Il ne croît plus à l'unité ni à l'universalité de la raison. D'ailleurs, il ne croît plus, ou au moins, il s'efforce de ne plus croire même si on l'aiguillonne pour l'y forcer. Mais la modernité, ce mouvement d'émancipation culturelle sans précédent, il ne faudrait pas considérer ce mouvement comme dépassé. Il est simplement inachevé. Il le restera d'ailleurs. C'est une tension.
En somme l'homme occidental peut enfin observer la voie où l'a placé l'individu « préhumain » dans son rêve primordial : réussir à s'extraire de la horde pour voler de ses propres ailes, si je puis dire.
C'est un rêve absolu de liberté. Il est évident qu'il ne réunit pas tous les hommes : il y a ceux
qui restent attachés à l'ancienne coutume.
Et ce rêve peut rapprocher les autres mais à la condition que cette voie soit reconnue et cette
quête de liberté assumée par chacun. Et, au seuil du 3ème millénaire, beaucoup, on le voit
autour de nous, beaucoup hésitent à franchir le pas.
Les maux dont nous souffrons témoignent de cette difficulté à gérer cet état, cette subjectivité,
comme disent les philosophes.
Et la réaction que nous voyons se déployer sous nos yeux aujourd'hui en France est peut-être
un projet, très cohérent dans son idéologie, de remise en cause... de notre société.
la Franc-Maçonnerie dans tout cela ?
Conversation entre maçons On pourra me dire :
- Qu'avons-nous à faire de la culture ? notre seul souci, c'est la République, ses valeurs. Je réponds :
- Oui, je sais, l'engagement du Franc-Maçon est d'abord politique. Le culturel... .(geste)
- Non, je veux bien revenir à la culture-identité, ce problème très actuel, mais d'une façon ou d'une autre, on tourne autour de l'identité religieuse, et là n'est-on pas, justement, dans la réflexion maçonnique ? reconnais-le, mon Frère, on tombe pile sur la laïcité et la loi de 1905 que nous avons toujours défendue becs et ongles, loi renforcée en 2004 ; alors, ça ne suffit pas?
- Bien sûr, mais là, on a quelque chose qui dépasse la loi de séparation, cette revendication identitaire, qui va bien au-delà du religieux.
- Excuse-moi, mon Frère, mais la République ne peut être séparée de la notion de citoyenneté. L'immigré, parce qu'il s'agit de lui, doit accepter, vivant en France, d'être citoyen de la République...
- Mais tu ne fais qu'agiter là une notion politique, cette citoyenneté, cette idée d'espace commun, c'est d'abord politique
- Le « vivre ensemble », n'est-ce pas un problème politique ?
- Pas seulement... mais d'abord, conviens donc que cette histoire de citoyenneté c'est une abstraction difficile, hors de portée... des jeunes par exemple
- Et bien, ils l'apprendront au collège
- Tu crois qu'au collège on leur enseigne ?
- Alors, à quoi sert l'instruction publique, d'après toi ?
- Bon, je me suis mal fait comprendre, mon idée c'est que nous ne pouvons pas tout ramener au politique
- Mais c'est ainsi que s'est forgée notre communauté républicaine, sur le politique, nous n'y pouvons rien
- Je vois, ça nous évite de traiter le problème culturel !
- Mais non, il ne s'agit pas de ça : nous utilisons l'outil que l'histoire nous a laissé en héritage : nous avons un modèle exceptionnel pour répondre au problème de l'intégration, le modèle républicain...
- Ah oui, l'exception française... mais ce « modèle » est discutable, d'ailleurs il est loin de fonctionner... beaucoup ne veulent pas en entendre parler, et ceux qui en parlent s'abîment dans des débats interminables, chacun restant généralement sur ses positions... voilà, le modèle n'est plus accepté... naturellement
- On refuse de comprendre tout simplement : ce modèle, héritier de notre histoire, est légitime. Si on ne veut pas l'accepter, alors, imposons-le !
- C'est ça, en créant un ministère de l'identité française, par exemple ? !
A-t-on intérêt à se cantonner à notre bonne et vieille conception de la République Française ?
Au-dessous de ces valeurs essentielles, n'y a-t-il pas la place pour des valeurs secondaires,
celles de la culture ?
Peut-on exiger d'un immigré qu'il adhère sans faille à la notion de citoyenneté quand un
Français sur trois ne se donne pas la peine d'aller aux urnes ?
Peut-on seulement s'arrimer à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat pour défendre la
laïcité, alors que la revendication identitaire va bien au-delà de l'identité induite par la
religion ? N'opposer à ces revendications que la loi de 1905, n'est-ce pas le piège qui nous est
tendu : placer au niveau de la symbolique de la République, de ses valeurs, celle des
religions ?
Je me demande si la position de la Franc-Maçonnerie (position, car tout semble figé dans la politique menée pendant ce dernier quart de siècle par le GO), position défensive, est la bonne. Je me demande si nous ne devrions pas au contraire passer à l'offensive.
Donc engagement offensif plutôt qu'attitude défensive, mais de quelle façon ?
Sans revenir sur les ratés du passé, je me demande si nous ne devrions pas dépasser le concept
d'Espace Public, celui où les citoyens confrontent leurs opinions politiques, pour élargir notre
réflexion à la culture laïque, dépassant les cadres politique et religieux où il me semble que
nous nous enfermons.
Ce blocage peut d'ailleurs s'expliquer : la République a émergé du conflit Eglise/Etat et,
depuis, en tant qu'association de libres penseurs, nous nous posons ajuste titre comme les
gardiens de la République ainsi créée et de ses valeurs.
Car la laïcité va en effet bien plus loin : c'est une façon de vivre, de penser, de nouer des
relations avec autrui.
Vivre laïque, c'est vivre une certaine culture, qui, précisons le, dépasse largement les contours
d'une culture que certains nomment française.
Et, n'en déplaise à ceux qui raillent notre prétention universaliste, la culture laïque, c'est une
culture identifiée, expérimentée, authentifiée en France, mais qui se déploie probablement
vers une acception universelle.
Et en cela, la culture laïque ne peut rejoindre l'identité française qui, elle, exhale des relents
nationalistes.
La culture laïque, c'est une culture qui ne s'oppose à aucune autre culture si tant est que cette
dernière respecte les droits de l'Homme.
La culture laïque demande non à être clamée mais à être approfondie dans la réflexion, vécue
dans la discrétion. La culture laïque est paradoxalement une culture de la retenue, de
l'effacement. C'est peut-être ce qui la rend si vulnérable aujourd'hui.
A l'heure actuelle, ne devrait-on pas réactiver une dimension opérative de la Franc-Maçonnerie dans une direction où convergerait le chemin laïque de notre engagement et les routes que prennent les immigrés ?
La base républicaine de notre société ne suffit pas à réunir ces cultures ; le communautarisme est une facilité qu'il nous faut surveiller et rejeter sans désemparer. Au fond de chaque culture est sans doute inscrite son universalité. Nous seuls avons eu l'audace d'exprimer ce que la nôtre portait d'universel. Il ne faut pas en avoir honte. Nous devons croire et contribuer au métissage des cultures en les rapprochant. La Franc-Maçonnerie pourrait-elle être le catalyseur de ce métissage ?
mardi 28 février 2006
Pourcentage de personnes se déclarant athées convaincus en 1999
Le Monde des Religions
janvier-février 2006
Ex-Allemagne de l'Est 18%
France 14%
Belgique 8%
Russie 8%
Espagne 6%
Suisse 6%
Suède 6%
Tchéquie 6%
Bulgarie 6%
Pays-Bas 6%
Danemark 5%
Hongrie 5%
Grande-Bretagne 4%
Ex-Allemagne de l'Ouest 4%
Slovaquie 4%
Portugal 3%
Italie 3%
Ukraine 3%
Autriche 2%
Irlande 2%
Pologne 1%
Lituanie 1%
Roumanie 1%
janvier-février 2006
Ex-Allemagne de l'Est 18%
France 14%
Belgique 8%
Russie 8%
Espagne 6%
Suisse 6%
Suède 6%
Tchéquie 6%
Bulgarie 6%
Pays-Bas 6%
Danemark 5%
Hongrie 5%
Grande-Bretagne 4%
Ex-Allemagne de l'Ouest 4%
Slovaquie 4%
Portugal 3%
Italie 3%
Ukraine 3%
Autriche 2%
Irlande 2%
Pologne 1%
Lituanie 1%
Roumanie 1%
mercredi 30 juin 2004
La liberté d'opinion - Pierre Dazord
La discussion sur la liberté ressurgit à propos de libertés particulières ainsi la liberté d'opinion (article 10) 2l. Une grande partie de la discussion tourna autour de la liberté religieuse, clé la tolérance des non-catholiques et de la liberté de culte. Les premières rédactions proposées pour le futur article 10 furent combattues par le comte de Castellane car « [on ne faisait pas] une loi sur la religion puisque [l'on faisait] une déclaration des droits *. Ce qu'il fallait c'était énoncer « le plus sacré de tous les droits, celui de la liberté des opinions religieuses » n, A ceux qui recherchaient l'appui de l'État à la religion, Laborde répondit : « j'avoue que je suis affligé de voir les chrétiens invoquer l'autorité civile pour une religion qui ne doit se maintenir que par la pureté de sa doctrine » a. Deux hommes dominèrent le débat, le comte de Mirabeau et le député de Nîmes, issu d'une vieille famille protestante, Rabaut Saint-Etienne. D'emblée, le 22 Août, Mirabeau s'inscrivit en rupture avec l'édit de 1787 de tolérance des non-catholiques. «Je ne viens pas prêcher la tolérance. La liberté la plus illimitée de religion est à mes yeux un droit si sacré, que le mot tolérance, qui essaye de l'exprimer, me paraît en quelque sorte tyrannique lui-même, puisque l'existence de l'autorité qui a le pouvoir de tolérer attente à la liberté de penser, par cela même qu'elle tolère, et qu'ainsi elle pourrait ne pas tolérer »24. Le lendemain Rabaut Saint-Etienne lui fit écho : «Je ne fais pas [à la nation française] l'injustice de penser qu'elle puisse prononcer le mot d'intolérance ; il est banni de notre langue... Mais, Messieurs, ce n'est pas même la tolérance que je réclame : c'est la liberté. La tolérance! le support! le pardon! la clémence! idées souverainement injustes envers les dissidents, tant il sera vrai que la différence de religion, que la différence d'opinion n'est pas un crime. La tolérance! je demande qu'il soit proscrit à son tour; et il le sera ce mot injuste... • K et il demanda l'égalité en droits pour tous, citant explicitement les protestants et les juifs. « L'intolérance d'orgueil et de domination a, durant près de 15 siècles fait couler des torrents de sang » mais, poursuivit-il, aujourd'hui - ma patrie est libre, et je veux oublier comme elle, et les maux que nous avons partagés avec elle, et les maux plus grands encore, dont nous avons été les seules victimes »26.
En conclusion, rappelant que le culte est nécessairement une manifestation commune à plusieurs croyants, le culte d'un seul étant une prière, il souligna que l'idée d'un culte est un article de foi, une opinion religieuse, qui relève de la libertéd'opinion. Ce faisant il rejoignait Mirabeau demandant « deprononcer hautement la liberté religieuse » 27 et de veiller à cequ'aucun culte ne trouble l'ordre public 28 en rejetant la rédaction initialement proposée, l'Assemblée refusait de donner la priorité aux cultes et de se préoccuper de leur définition, de leur organisation, de leur protection et de leur défense éventuelles, pour donner la priorité absolue aux opinionsreligieuses et à leur liberté avec toutes les conséquences quececi impliquait au plan du culte. Ainsi, dès le 23 Août, l'Assemblée rompait totalement avec la logique du régimeantérieur (de droit divin) d'organisation et de protection ducatholicisme avec une timide ouverture vers le protestantisme, en adoptant l'article 10 : « Nul ne doit être inquiété pourses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public », qui consacrait troischoses : Toutes les opinions sont libres et en particulier lesopinions religieuses autre que la dominante ne sont pas uncrime, les opinions religieuses n'ont aucun statut particulierqui leur serait conféré par leur références transcendantales ce qu'exprime l'adverbe même 29, et, rentrant dans le droit commun, la seule chose qui leur est demandée ainsi qu'à toute opinion, c'est que leur manifestation respecte les droits del'homme et du citoyen.
En conclusion, rappelant que le culte est nécessairement une manifestation commune à plusieurs croyants, le culte d'un seul étant une prière, il souligna que l'idée d'un culte est un article de foi, une opinion religieuse, qui relève de la libertéd'opinion. Ce faisant il rejoignait Mirabeau demandant « deprononcer hautement la liberté religieuse » 27 et de veiller à cequ'aucun culte ne trouble l'ordre public 28 en rejetant la rédaction initialement proposée, l'Assemblée refusait de donner la priorité aux cultes et de se préoccuper de leur définition, de leur organisation, de leur protection et de leur défense éventuelles, pour donner la priorité absolue aux opinionsreligieuses et à leur liberté avec toutes les conséquences quececi impliquait au plan du culte. Ainsi, dès le 23 Août, l'Assemblée rompait totalement avec la logique du régimeantérieur (de droit divin) d'organisation et de protection ducatholicisme avec une timide ouverture vers le protestantisme, en adoptant l'article 10 : « Nul ne doit être inquiété pourses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public », qui consacrait troischoses : Toutes les opinions sont libres et en particulier lesopinions religieuses autre que la dominante ne sont pas uncrime, les opinions religieuses n'ont aucun statut particulierqui leur serait conféré par leur références transcendantales ce qu'exprime l'adverbe même 29, et, rentrant dans le droit commun, la seule chose qui leur est demandée ainsi qu'à toute opinion, c'est que leur manifestation respecte les droits del'homme et du citoyen.
"Actualité des fondements philosophiques de l'idée laïque"
Actes du colloque de l'Union Rationaliste : "Une laïcité pour l'avenir" publiés par "Raison présente".
Déconstruire le symbolique
Jean Baubérot
Directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes
Avec nos bâtons bien lisses, nous vivons une crise de la réussite. Nous avons, sans le savoir (et c'est cela le plus grave : cette perte ou ce refus de savoir), socialement perdu le sens du symbolique, et même, de façon générale, de la représentation. Or le symbolique constitue un lien entre la réalité que nous voyons et celle qui nous échappe. Dans le symbole, il existe une réalité empirique, constatable de façon évidente (le bâton). Mais ce bâton prend de l'importance parce que les petits détails formés par ses aspérités ne sont pas sans signification. Son sens, sa représentation, déborde sa réalité empirique, il constitue une abréviation, une condensation de toute une histoire, et renvoie donc à autre chose qu'à son empirie constatable par tout un chacun. Il faut savoir décrypter sa signification.
Ainsi, il est capable de créer du lien ou du conflit par delà le temps et l'espace. Mais s'il n'existe que des bâtons rabotés, tous formatés à l'identique ou selon des critères en apparence fonctionnels, alors la réussite matérielle de la société se double d'une faillite symbolique. Nous parlons toujours clé « contrat social », mais comme il ne s'agit pas d'une ! réalité empiriquement constatable, l'expression a perdu sa ! force, et même elle ne fait plus sens. Il se produit une crise du lien. Loin de produire une société apaisée, le flottement généralisé du sens, son instrumentaUsatton par la sphère marchande, s'avère boomerang. Tout un pan de ce qui se passe apparaît incompréhensible. Les fondamentalistes religieux prospèrent car la société globale elle-même est une société qui raisonne au premier degré. Elle est, du coup, englobée par des structures symboliques qu'elle ignore, qu'elle ne sait pas décrypter. Elle ne maîtrise pas la dialectique du lien et du conflit. Et ce refus d'une intelligence du symbolique n'est pas neutre : une démarche d'objectivation nécessite d'affronter, comme l'indique Max Weber, des « faits désagréables », elle implique une autoanalyse, une remise en question.
En effet, notre bout de bâton établit un clivage entre frères, alliés et inconnus, adversaires potentiels. Et c'est ainsi que souvent fonctionnent des symboles religieux et non religieux : que l'on pense à la bataille pour donner à l'Europe le bâton d'un « héritage chrétien»
qui aurait relégué définitivement la Turquie musulmane...et laïque dans les ténèbres extérieurs, que l'on pense au drapeau, et, dans la France d'aujourd'hui, au bâton du prénom ou de la couleur de la peau pour obtenir un emploi ou un logement. Et il faudrait là parler longuement du problème de la « religion civile - républicaine qui a eu aussi historiquement ses exclus : les femmes qui ne pouvaient avoir le droit de vote parce qu'elles étaient, soi-disant, « sous la dépendance du curé », les musulmans d'Algérie qui n'avaient pas droit à la citoyenneté parce qu'ils étaient censés ne pas partager la « profession de foi civile » (Claude Nicolet, citant implicitement Jean-Jacques Rousseau) républicaine. Aucune religion, qu'elle soit religieuse ou séculière ne ressort indemne de l'analyse du symbolique. Aucune ne sort indemne de la transgression de la domination symbolique que représente un enseignement laïque des religions, dont le but est, précisément, de permettre à ceux qui sont extérieurs à telle ou telle conviction d'en avoir des clefs culturelles, des possibilités d'analyse. Il s'agit d'être capable de déconstruire le symbolique, sans le détruire pour autant, car adhésion ou refus restent affaire de choix personnel, de pratique sociale de la liberté de conscience.
Cette mutation épistémologique n'a-t-elle pas à voir avec la démocratie et la laïcité? L'autre est un autre nous-même. Il ne doit pas être considéré comme un ennemi, il ne doit pas être, au sens strict du terme, un in-connu. Ainsi des bâtons peuvent avoir des arêtes sans que leur non emboîtement soit une quasi-déclaration de guerre. Ainsi il existe des « dedans » et des « dehors » - sinon gare à la logique déshumanisante de l'équivalence généralisée - tout en ouvrant largement portes et fenêtres, en pratiquant l'accueil de l'autre, y compris en l'invitant chez soi. (…)
Directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes
Avec nos bâtons bien lisses, nous vivons une crise de la réussite. Nous avons, sans le savoir (et c'est cela le plus grave : cette perte ou ce refus de savoir), socialement perdu le sens du symbolique, et même, de façon générale, de la représentation. Or le symbolique constitue un lien entre la réalité que nous voyons et celle qui nous échappe. Dans le symbole, il existe une réalité empirique, constatable de façon évidente (le bâton). Mais ce bâton prend de l'importance parce que les petits détails formés par ses aspérités ne sont pas sans signification. Son sens, sa représentation, déborde sa réalité empirique, il constitue une abréviation, une condensation de toute une histoire, et renvoie donc à autre chose qu'à son empirie constatable par tout un chacun. Il faut savoir décrypter sa signification.
Ainsi, il est capable de créer du lien ou du conflit par delà le temps et l'espace. Mais s'il n'existe que des bâtons rabotés, tous formatés à l'identique ou selon des critères en apparence fonctionnels, alors la réussite matérielle de la société se double d'une faillite symbolique. Nous parlons toujours clé « contrat social », mais comme il ne s'agit pas d'une ! réalité empiriquement constatable, l'expression a perdu sa ! force, et même elle ne fait plus sens. Il se produit une crise du lien. Loin de produire une société apaisée, le flottement généralisé du sens, son instrumentaUsatton par la sphère marchande, s'avère boomerang. Tout un pan de ce qui se passe apparaît incompréhensible. Les fondamentalistes religieux prospèrent car la société globale elle-même est une société qui raisonne au premier degré. Elle est, du coup, englobée par des structures symboliques qu'elle ignore, qu'elle ne sait pas décrypter. Elle ne maîtrise pas la dialectique du lien et du conflit. Et ce refus d'une intelligence du symbolique n'est pas neutre : une démarche d'objectivation nécessite d'affronter, comme l'indique Max Weber, des « faits désagréables », elle implique une autoanalyse, une remise en question.
En effet, notre bout de bâton établit un clivage entre frères, alliés et inconnus, adversaires potentiels. Et c'est ainsi que souvent fonctionnent des symboles religieux et non religieux : que l'on pense à la bataille pour donner à l'Europe le bâton d'un « héritage chrétien»
qui aurait relégué définitivement la Turquie musulmane...et laïque dans les ténèbres extérieurs, que l'on pense au drapeau, et, dans la France d'aujourd'hui, au bâton du prénom ou de la couleur de la peau pour obtenir un emploi ou un logement. Et il faudrait là parler longuement du problème de la « religion civile - républicaine qui a eu aussi historiquement ses exclus : les femmes qui ne pouvaient avoir le droit de vote parce qu'elles étaient, soi-disant, « sous la dépendance du curé », les musulmans d'Algérie qui n'avaient pas droit à la citoyenneté parce qu'ils étaient censés ne pas partager la « profession de foi civile » (Claude Nicolet, citant implicitement Jean-Jacques Rousseau) républicaine. Aucune religion, qu'elle soit religieuse ou séculière ne ressort indemne de l'analyse du symbolique. Aucune ne sort indemne de la transgression de la domination symbolique que représente un enseignement laïque des religions, dont le but est, précisément, de permettre à ceux qui sont extérieurs à telle ou telle conviction d'en avoir des clefs culturelles, des possibilités d'analyse. Il s'agit d'être capable de déconstruire le symbolique, sans le détruire pour autant, car adhésion ou refus restent affaire de choix personnel, de pratique sociale de la liberté de conscience.
Cette mutation épistémologique n'a-t-elle pas à voir avec la démocratie et la laïcité? L'autre est un autre nous-même. Il ne doit pas être considéré comme un ennemi, il ne doit pas être, au sens strict du terme, un in-connu. Ainsi des bâtons peuvent avoir des arêtes sans que leur non emboîtement soit une quasi-déclaration de guerre. Ainsi il existe des « dedans » et des « dehors » - sinon gare à la logique déshumanisante de l'équivalence généralisée - tout en ouvrant largement portes et fenêtres, en pratiquant l'accueil de l'autre, y compris en l'invitant chez soi. (…)
La laïcité dans le monde - M Chemillier-Gendreau
Monique Chemillier-Gendreau
Professeur à l'université Paris VII, membre de l'Union rationaliste
Source : Raison présente - "Une laïcité pour l'avenir" - N° 149-150
La question de la laïcité dans le monde mérite une réflexion spécifique car la problématique de la laïcité dans l'espace universel est différente de celle que nous connaissons dans un pays comme la France ou à l'échelle européenne. Le niveau de gravité n'est pas identique, non plus que les termes du débat. En effet, en Europe, même dans les États qui n'affichent pas la laïcité comme principe constitutionnel ou dont les chefs d'État ont des fonctions religieuses, il y a un niveau de sécularisation du pouvoir suite à une longue histoire qui a commencé vers le xr ou xir siècles et qu'aucune autre région du monde n'a connu de la même façon.
Cette histoire a été celle des Deux corps du roi » (selon l'intitulé de l'ouvrage d'Ernst Kantorowicz, Gallimard. 1957) à travers laquelle le corps politique du souverain s'est trouvé soumis aux formes émergentes de constitutionnalisme, première expression de ce que l'on nomme aujourd'hui l'État de droit. Et l'invocation de l'origine divine du pouvoir n'a pas empêché la montée en puissance des légistes royaux ouvrant le sillon des premières formes (très limitées il est vrai dans la première période) de sécularisation. L'Église a résisté comme en a témoigné la « Querelle des investitures », mais une certaine sécularisation du pouvoir a cependant poursuivi sa route.
Cette histoire est étrangère aux autres continents et le mimétisme constitutionnel qui a fleuri dans certains États, notamment ceux du Proche Orient ou de l'Afrique sub-saha-rienne après la décolonisation, a exporté une sécularisation en trompe l'œil. Celle-ci s'est heurtée à un obstacle fondamental : en effet, cantonner le concept de religion en dehors du pouvoir temporel, conquête difficile et fragile de certaines sociétés chrétiennes, n'est pas compatible avec les fondements de l'islamisme ou du judaïsme.
On peut donc affirmer qu'il n'y a pas de laïcité dans lemonde et mon sujet serait alors un non sujet. Paradoxalement,je vais m'y attarder cependant et développer ici trois séries de considérations : les premières pour prendre la mesure de cetteabsence de laïcité ; les secondes, pour montrer comment unmonde sans une laïcité bien comprise est un monde vouéimmanquablement à la destruction par des guerres incessantesi et sans merci; les troisièmes, enfin, pour relever toutes les incertitudes qui pèsent sur le contenu de la laïcité et les conditions non remplies pour en faire un concept universel. Il restedonc un important travail à mener pour convaincre du caractère impérativement universel de la laïcité.\ La laïcité est un concept inconnu dans le monde. Il est; inconnu à deux échelons : celui des États eux-mêmes et celuides relations entre les États. (_---)
Nous avons besoin désormais de l'affirmation d'un principe de laïcité dans le champ international pour deux raisons : comme une règle supérieure aux États et s'imposant à eux en sorte qu'un État ne pourrait plus pratiquer de discriminations entre ses citoyens sur des bases religieuses ou de convictions quelles qu'elles soient. Nous avons vu que les textes qui existent sont très insuffisants et du point de vue de la clarté sur les principes et en force contraignante. Mais nous aurions besoin aussi d'un principe de laïcité mondiale pour présider aux relations entre États et aussi à ces relations nouvelles constitutives de la mondialisation qui sont des relations transnationales. Celles-ci sont le fait des acteurs sociaux très diversifiés qui caractérisent l'époque contemporaine : ONG, acteurs financiers, groupes de pression divers. Ils ont tous une action désormais transfrontière et sont dans beaucoup de situations marqués d'une appartenance religieuse quand ils ne sont pas des sous-marins des Églises. Il est vrai que parmi les élites gouvernantes de ces groupes, il y a souvent des personnes éclairées (pas toujours), mais le fanatisme et l'aveuglement l'emportent fréquemment à la base et l'on en arrive à la situation extrêmement explosive qui est la nôtre. Dans le monde entier, les affrontements entre États ou à l'intérieur des États sont mêlés d'antagonismes religieux.
La question de la laïcité est liée à celle de la communauté politique, qu'il s'agisse des communautés politiques nationales constitutives des États modernes ou de la nécessité d'une communauté politique universelle encore toute entière à venir en dépit de l'urgence où nous sommes de la constituer. Le problème est le même quelle que soit l'échelle de la communauté politique en jeu.
Dans les difficultés à vouloir constituer cette utopie d'un monde pacifié à travers un droit fondé sur la raison, il y a celle qui tient aux ambitions temporelles des grandes religions. Celle qui agite le plus les cénacles actuellement est l'islam. Tout simplement parce que c'est celle qui affiche officiellement la soumission de la loi temporelle à la loi divine. Ce qui est inquiétant, c'est qu'il n'y ait pas vraiment dans le monde de la pensée arabe contemporaine, de mouvement intellectuel capable d'entraîner cette sphère de la planète vers un réel mouvement de séparation du pouvoir temporel et du pouvoir religieux. Il semble que le travail des philosophes ou politologues arabes s'oriente plutôt pour le moment vers la recherche d'un travail de synthèse de la croyance et de la raison, mais non d'indépendance de la raison. ^
Une dernière série de remarques permet de pointer les plus graves difficultés. Pour prôner la laïcité dans le monde, il faut des arguments. L'argument principal est qu'il y a là une condition incontournable de la réalisation de la démocratie. Les quelques pays qui se prévalent d'une sécularisation du pouvoir et de l'exercice de la démocratie sont aujourd'hui enfoncés sur ces deux terrains dans des contradictions régressives qu'il est impossible d'ignorer. La remarque est valable pour l'Europe, mais elle l'est principalement à l'échelle mondiale.
L'universalisme s'accomplit actuelle-1 ment par le marché qui déborde et affaiblit les États. Il enrésulte de violentes inégalités qui entraînent une remontéedes croyances les plus aveugles et les plus fanatiques. Il est vrai que les croyances se développent lorsque les sociétésI ont peur. Or, les sociétés prises dans le mouvement de la; mondialisation ont bien des motifs d'avoir peur, placéescomme elles le sont devant les menaces que représentent leschangements climatiques ou le développement des armes oui de l'industrie nucléaire. Il faut répondre à ces peurs par la raison. Or, les pays les plus avancés dans le domaine scientifique ne sont pas ceux dont les gouvernements sont les plusrassurants, ni les plus raisonnables. Et ils ne tirent pas. loin delà, les conséquences politiques rationnelles des données dela science. Alors que les périls sont universels, les replis sont\ communautaires et fondés sur des croyances qui en se dressant les unes contre les autres augmentent les menaces.; La crise de l'ONU liquide l'espérance de 1945, celle de! la création d'un lieu de solution des conflits à l'échelle inter- nationale. N'ayant ni la culture mondiale de la laïcité quiserait nécessaire, ni les institutions démocratiques permettantd'équilibrer les pouvoirs à l'échelle internationale, la société internationale n'a aucun outil de régulation de la violence,alors que le système économique élargit chaque jour lesinégalités. Ainsi la montée des violences dont nous sommesles témoins n'a-t-elle pas lieu de nous étonner
Professeur à l'université Paris VII, membre de l'Union rationaliste
Source : Raison présente - "Une laïcité pour l'avenir" - N° 149-150
La question de la laïcité dans le monde mérite une réflexion spécifique car la problématique de la laïcité dans l'espace universel est différente de celle que nous connaissons dans un pays comme la France ou à l'échelle européenne. Le niveau de gravité n'est pas identique, non plus que les termes du débat. En effet, en Europe, même dans les États qui n'affichent pas la laïcité comme principe constitutionnel ou dont les chefs d'État ont des fonctions religieuses, il y a un niveau de sécularisation du pouvoir suite à une longue histoire qui a commencé vers le xr ou xir siècles et qu'aucune autre région du monde n'a connu de la même façon.
Cette histoire a été celle des Deux corps du roi » (selon l'intitulé de l'ouvrage d'Ernst Kantorowicz, Gallimard. 1957) à travers laquelle le corps politique du souverain s'est trouvé soumis aux formes émergentes de constitutionnalisme, première expression de ce que l'on nomme aujourd'hui l'État de droit. Et l'invocation de l'origine divine du pouvoir n'a pas empêché la montée en puissance des légistes royaux ouvrant le sillon des premières formes (très limitées il est vrai dans la première période) de sécularisation. L'Église a résisté comme en a témoigné la « Querelle des investitures », mais une certaine sécularisation du pouvoir a cependant poursuivi sa route.
Cette histoire est étrangère aux autres continents et le mimétisme constitutionnel qui a fleuri dans certains États, notamment ceux du Proche Orient ou de l'Afrique sub-saha-rienne après la décolonisation, a exporté une sécularisation en trompe l'œil. Celle-ci s'est heurtée à un obstacle fondamental : en effet, cantonner le concept de religion en dehors du pouvoir temporel, conquête difficile et fragile de certaines sociétés chrétiennes, n'est pas compatible avec les fondements de l'islamisme ou du judaïsme.
On peut donc affirmer qu'il n'y a pas de laïcité dans lemonde et mon sujet serait alors un non sujet. Paradoxalement,je vais m'y attarder cependant et développer ici trois séries de considérations : les premières pour prendre la mesure de cetteabsence de laïcité ; les secondes, pour montrer comment unmonde sans une laïcité bien comprise est un monde vouéimmanquablement à la destruction par des guerres incessantesi et sans merci; les troisièmes, enfin, pour relever toutes les incertitudes qui pèsent sur le contenu de la laïcité et les conditions non remplies pour en faire un concept universel. Il restedonc un important travail à mener pour convaincre du caractère impérativement universel de la laïcité.\ La laïcité est un concept inconnu dans le monde. Il est; inconnu à deux échelons : celui des États eux-mêmes et celuides relations entre les États. (_---)
Nous avons besoin désormais de l'affirmation d'un principe de laïcité dans le champ international pour deux raisons : comme une règle supérieure aux États et s'imposant à eux en sorte qu'un État ne pourrait plus pratiquer de discriminations entre ses citoyens sur des bases religieuses ou de convictions quelles qu'elles soient. Nous avons vu que les textes qui existent sont très insuffisants et du point de vue de la clarté sur les principes et en force contraignante. Mais nous aurions besoin aussi d'un principe de laïcité mondiale pour présider aux relations entre États et aussi à ces relations nouvelles constitutives de la mondialisation qui sont des relations transnationales. Celles-ci sont le fait des acteurs sociaux très diversifiés qui caractérisent l'époque contemporaine : ONG, acteurs financiers, groupes de pression divers. Ils ont tous une action désormais transfrontière et sont dans beaucoup de situations marqués d'une appartenance religieuse quand ils ne sont pas des sous-marins des Églises. Il est vrai que parmi les élites gouvernantes de ces groupes, il y a souvent des personnes éclairées (pas toujours), mais le fanatisme et l'aveuglement l'emportent fréquemment à la base et l'on en arrive à la situation extrêmement explosive qui est la nôtre. Dans le monde entier, les affrontements entre États ou à l'intérieur des États sont mêlés d'antagonismes religieux.
La question de la laïcité est liée à celle de la communauté politique, qu'il s'agisse des communautés politiques nationales constitutives des États modernes ou de la nécessité d'une communauté politique universelle encore toute entière à venir en dépit de l'urgence où nous sommes de la constituer. Le problème est le même quelle que soit l'échelle de la communauté politique en jeu.
Dans les difficultés à vouloir constituer cette utopie d'un monde pacifié à travers un droit fondé sur la raison, il y a celle qui tient aux ambitions temporelles des grandes religions. Celle qui agite le plus les cénacles actuellement est l'islam. Tout simplement parce que c'est celle qui affiche officiellement la soumission de la loi temporelle à la loi divine. Ce qui est inquiétant, c'est qu'il n'y ait pas vraiment dans le monde de la pensée arabe contemporaine, de mouvement intellectuel capable d'entraîner cette sphère de la planète vers un réel mouvement de séparation du pouvoir temporel et du pouvoir religieux. Il semble que le travail des philosophes ou politologues arabes s'oriente plutôt pour le moment vers la recherche d'un travail de synthèse de la croyance et de la raison, mais non d'indépendance de la raison. ^
Une dernière série de remarques permet de pointer les plus graves difficultés. Pour prôner la laïcité dans le monde, il faut des arguments. L'argument principal est qu'il y a là une condition incontournable de la réalisation de la démocratie. Les quelques pays qui se prévalent d'une sécularisation du pouvoir et de l'exercice de la démocratie sont aujourd'hui enfoncés sur ces deux terrains dans des contradictions régressives qu'il est impossible d'ignorer. La remarque est valable pour l'Europe, mais elle l'est principalement à l'échelle mondiale.
L'universalisme s'accomplit actuelle-1 ment par le marché qui déborde et affaiblit les États. Il enrésulte de violentes inégalités qui entraînent une remontéedes croyances les plus aveugles et les plus fanatiques. Il est vrai que les croyances se développent lorsque les sociétésI ont peur. Or, les sociétés prises dans le mouvement de la; mondialisation ont bien des motifs d'avoir peur, placéescomme elles le sont devant les menaces que représentent leschangements climatiques ou le développement des armes oui de l'industrie nucléaire. Il faut répondre à ces peurs par la raison. Or, les pays les plus avancés dans le domaine scientifique ne sont pas ceux dont les gouvernements sont les plusrassurants, ni les plus raisonnables. Et ils ne tirent pas. loin delà, les conséquences politiques rationnelles des données dela science. Alors que les périls sont universels, les replis sont\ communautaires et fondés sur des croyances qui en se dressant les unes contre les autres augmentent les menaces.; La crise de l'ONU liquide l'espérance de 1945, celle de! la création d'un lieu de solution des conflits à l'échelle inter- nationale. N'ayant ni la culture mondiale de la laïcité quiserait nécessaire, ni les institutions démocratiques permettantd'équilibrer les pouvoirs à l'échelle internationale, la société internationale n'a aucun outil de régulation de la violence,alors que le système économique élargit chaque jour lesinégalités. Ainsi la montée des violences dont nous sommesles témoins n'a-t-elle pas lieu de nous étonner
jeudi 29 janvier 2004
Voile - Appliquer la loi
Chahdortt Djavann
La loi est une chose, son application une autre, dit-on parfois. Je suis persuadée que son application à l'école posera très peu de problèmes et que les obstacles dont on parle aujourd'hui étaient dus pour beaucoup à son absence. La stratégie islamiste profite de toutes les failles du système. Et, pour éviter de lui ouvrir des boulevards, il faut évidemment tenir les promesses faites, consacrer tous les moyens nécessaires à une réelle politique de la ville, de l'emploi et de l'éducation, ne pas laisser en déshérence une partie du territoire et la part la plus jeune et la plus demandeuse de notre population. Il faut tenir les promesses et ne pas appeler à l'aide les pompier?» pyromanes, les prosélytes de l'islamisme toujours prêts à offrir leurs bons services pour assurer l'ordre dans les banlieues.
Tariq Ramadan, l'idole des jeunes voilées, un mollah suisse déturbané qui se prend pour un néoprophètc et rêve d'organiser la mondialisation de l'islam politique, n'est destiné à aucun titre à devenir porte-parole d'une partie de la population française. Mais c'est à la répu-
blique, et très concrètement à l'action gouvernementale, de faire en sorte que nos banlieues ne deviennent pas une terre de mission pour ceux qui font leur miel de la misère, du désarroi et du désespoir de leurs fidèles.
Le régime fasciste et islamiste de l'Iran a demandé à la France de retirer sa loi contre le voile. Un régime qui a exterminé des centaines de milliers d'opposants, un régime qui pratique la lapidation au nom de la démocratie. C'est le monde à l'envers. Les nouvelles voilées en France ne peuvent pas prétendre ignorer ceux qui les soutiennent. La prise de position des dictatures islamiques contre cette loi, ingérence manifeste dans les affaires intérieures françaises, prouverait, s'il en est besoin, le lien étroit entre la prolifération du voile et l'offensive islamiste.
29 janvier 2004
La loi est une chose, son application une autre, dit-on parfois. Je suis persuadée que son application à l'école posera très peu de problèmes et que les obstacles dont on parle aujourd'hui étaient dus pour beaucoup à son absence. La stratégie islamiste profite de toutes les failles du système. Et, pour éviter de lui ouvrir des boulevards, il faut évidemment tenir les promesses faites, consacrer tous les moyens nécessaires à une réelle politique de la ville, de l'emploi et de l'éducation, ne pas laisser en déshérence une partie du territoire et la part la plus jeune et la plus demandeuse de notre population. Il faut tenir les promesses et ne pas appeler à l'aide les pompier?» pyromanes, les prosélytes de l'islamisme toujours prêts à offrir leurs bons services pour assurer l'ordre dans les banlieues.
Tariq Ramadan, l'idole des jeunes voilées, un mollah suisse déturbané qui se prend pour un néoprophètc et rêve d'organiser la mondialisation de l'islam politique, n'est destiné à aucun titre à devenir porte-parole d'une partie de la population française. Mais c'est à la répu-
blique, et très concrètement à l'action gouvernementale, de faire en sorte que nos banlieues ne deviennent pas une terre de mission pour ceux qui font leur miel de la misère, du désarroi et du désespoir de leurs fidèles.
Le régime fasciste et islamiste de l'Iran a demandé à la France de retirer sa loi contre le voile. Un régime qui a exterminé des centaines de milliers d'opposants, un régime qui pratique la lapidation au nom de la démocratie. C'est le monde à l'envers. Les nouvelles voilées en France ne peuvent pas prétendre ignorer ceux qui les soutiennent. La prise de position des dictatures islamiques contre cette loi, ingérence manifeste dans les affaires intérieures françaises, prouverait, s'il en est besoin, le lien étroit entre la prolifération du voile et l'offensive islamiste.
29 janvier 2004
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